Comment j’en suis venue à lire des mangas Yaoi, je me le demande moi-même. Tout d’abord peut être un facteur environnemental, l’appart et ces multiples bibliothèques sont pourvus de multitude de mangas lus par mon ami mais pas de yaoi dans ces derniers.
Si je tente de me souvenir comment cela a commencé, je dirai que c’est lors d’un arrêt maladie suite à une hospitalisation, deux semaines à rester chez soi et donc branché au net. Je suis alors tombée sur des sites d’anime et c’est là que, oui, tout a commencé. J’ai, en effet, abordé le yaoi par les animés avant de me lancer dans les mangas en tant que tels.
Le premier yaoi anime, si je peux le nommer ainsi, qui m’a fait rentrer dans cet univers est « Junjou romantica » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Junjo_Romantica ).
L'histoire commence avec les résultats scolaires de Misaki assez médiocres. Ce dernier rêve d'entrer dans Mitsuhashi, la grande université renommée. C'est pourquoi son frère, Takahiro, l'envoie chez son ami le célèbre écrivain Usami Akihiko afin qu'il lui serve de tuteur. Misaki découvre alors qu'Usami aime son frère depuis des années en secret et écrit, en plus de ses best-sellers primés, des romans Boy's Love sulfureux dont les personnages principaux ne sont autres qu'Usami lui-même et le frère de Misaki. D'abord scandalisé et en colère, il va petit à petit apprendre à connaître Usami...
J’ai regardé cet anime en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. En surfant sur le net à la recherche d’information concernant cet anime, je me suis rendue compte que j’étais tombée sur la perle du genre. Par la suite j’ai lu le manga (en français pour les premiers chapitres puis en anglais pour la deuxième moitié) d’où est tiré l’animé. L’animé a véritablement collé au manga, en édulcorant toutefois quelques scènes voir en les coupant, mais 95% de l’histoire s’y retrouve. J’ai particulièrement apprécié le graphisme et le choix des couleurs (ce qui est pour moi la grande différence avec les autres animés). On accroche très rapidement aux personnages. L’humour est assez présent dans cet animé ce qui est très appréciable.
Le deuxième animé que j’ai regardé est « Gravitation » puis « Loveless » et enfin « Monochrome factor », mais je reparlerai de ces derniers dans d’autres articles. Je classifie ces titres comme yaoi même si pour certains ils ne le sont pas véritablement.
J’ai voulu en savoir un peu plus sur ce phénomène Yaoi et pour cela j’ai lu « Homosexualité et manga : le yaoi » (Editions H) qui commence par définir ce qu’est le yaoi :
« Avant de se pencher sur son histoire, il est nécessaire de définir le yaoi. Comme souvent dans le monde de la bande dessinée, la définition d’un terme ou d’un genre est variable selon la perception qu’en a la personne qui l’énonce. Il n’y a donc pas de définition officielle du terme « yaoi ». Le mot serait l’acronyme de « YamA nashi, Ochi nashi, Imi nashi », ce qui signifierait « pas de climax [dans la narration], pas de chute [au récit], pas de sens [à l’histoire] », montrant ainsi un bel esprit d’autodérision. En effet, raconter une histoire n’est pas vraiment le but des auteurs qui s’amusent à détourner leurs personnages de manga, d’animé ou de jeu vidéo préférés en les mettant dans des situations fantasmées. »
Cette série d’articles et d’entretien donne de nombreuses explications sur ce style particulier de manga en essayant notamment de répondre à la question « pourquoi les femmes sont attirées par le yaoi ». En effet le public du yaoi est principalement féminin. Je pense qu’il s’agit pour beaucoup d’une attirance pour un inconnu fantasmé et romancé, et oui nous sommes des femmes, difficile d’imaginer réellement sans fantasme la vie amoureuse et sexuelle d’homosexuel. Mais plus encore, le manga yaoi aborde de manières très différentes les relations amoureuses qui vont du drame, avec parfois des fins à vous verser une larme alors que vous le lisez dans le métro à des franches parties de rigolade en passant du romantisme à haute dose à une violence avérée. A cela s’ajoute un style graphique très différent d’un mangaka à un autre et des trames tout aussi variées même si on retrouve des codes communs au yaoi.
Le yaoi contrairement au shojo aborde les relations d’un point de vue plus adulte avec des personnages qui ne font pas physiquement 17 ans même si un « grand ado » est souvent présent dans ces mangas.
J’aime certains shojo mais il parle plus à mon côté grande adolescente fleur bleue qu’à mon moi de femme adulte.
Cet attrait pour le yaoi me donnerait envie d’en faire une enquête sociologique car au-delà des questionnements que cela apporte, du flou, des idées reçues, il y a une histoire de tolérance. Qui lit du yaoi, pourquoi, qu’est ce qui attire, qui assume de lire du yaoi …. ? Je reviendrai bientôt sur tout cela.
Lien Junjou Romantica :
http://www.blumanga.com/series_detail.php?series=junjoromantica
http://junjou-romantica.bbactif.com/
Lien Yaoi :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Yaoi
http://www.editions-h.fr/Docs/Manga10000images-1.pdf
http://www.aujourdhuilejapon.com/actualites-japon--manga--images-er-numero-4179.asp?1=1
Otaku (オタク)
Ce terme désigne une personne qui consacre tout son temps libre à une activité d'intérieur. Bien souvent, l'otaku reste cloîtré chez lui pour assouvir sa passion, et se désocialise donc peu à peu. Aujourd'hui en France, on a tendance à associer ce terme aux personnes lisant beaucoup de mangas ou regardant énormément d'animés... à tort! Car au Japon, le terme ne se restreint pas à ces deux catégories, mais à tout un panel d'activités, allant des jeux vidéos ou au culte d'une idole.
Quelques liens concernant le statut d’otaku :
http://bunnymoon.chez-alice.fr/sailormoon/otaku/otaku.htm
http://sejed.revues.org/document2683.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Otaku
http://www.inthepicture.pwp.blueyonder.co.uk/Otaku.pdf
Génération Otaku, Les Enfants de la post-modernité, d'Hiroki Azuma :
" Best-seller au Japon, cet essai du philosophe japonais Hiroki Azuma a le mérite de prendre au sérieux le phénomène 'Otaku', nom donné à ces jeunes (et parfois moins jeunes) fans de mangas, de jeux vidéos et de dessins animés, qui ne vivent qu'entre eux et avec comme passion exclusive ces produits culturels dont ils ne cessent de produire et consommer les produits dérivés (figurines, fanzines, romans tirés de dessins animés, dessins animés tirés d'un personnage de manga, etc .). Véritables acteurs d'un phénomène en perpétuelle croissance depuis les années 1980, qui touche une frange significative de la jeunesse japonaise, leur 'mouvement' a créé un gigantesque marché et gagne aujourd' hui toutes les jeunesses occidentales, via le succès mondial du manga. Ce succès n'est-il pas le signe que la culture Otaku touche à quelque chose de profond de l'évolution de nos sociétés ? En analysant sans les juger les produits qui façonnent cette culture, Hiroki Azuma décèle, en s'appuyant sur les apports de la philosophie française contemporaine (Lyotard, Baudrillard.. .), certaines des grandes caractéristiques de la post-modernité (perte des repères, des Grands Récits, de la frontière entre l'original et la copie, entre auteur et consommateur, création en réseau, etc .). Parallèlement, il observe dans notre post-modernité les raisons profondes du succès grandissant de cette culture Otaku. Une culture très japonaise qu'on aurait tort de circonscrire au Japon... » http://www.evene.fr/livres/livre/hiroki-azuma-generation-otaku-33072.php
http://www.saysibon.com/saysidon/azuma-fr.php
Me revoila sur ce blog, mon blog que j'avais crée il y a maintenant deux ans lorsque nous étions partis au Japon. Le sujet est toujours d'actualité, puisque nous avons bloqué (toujours avec mes deux compères) trois semaines (fin avril début mai 2010) pour repartir au Japon.
Normal donc que je reprenne l'activité de ce blog. J'y mettrai l'évolution de ce projet de vacances, les lieux que je voudrai visiter ou revisiter mais aussi tout ce qui a un lien avec le Japon, sa culture qui viendra traverser mon quotidien à Paris.